04/12/2018

• Le pavot de Californie, ou Eschscholtzia californica

Je me rends compte que beaucoup de gens de mon entourage s'intéressent aux plantes et à leurs vertus. Alors je vais essayer de partager régulièrement un peu de mon savoir, et surtout de mon expérience avec certaines plantes. 

 Je commence aujourd'hui par une des premières plantes qui m'a convaincue de l'efficacité de mère nature sur nous :

 le pavot de Californie, ou Eschscholtzia californica (que j'ai réussi à écrire après 17 tentatives).

Comme son cousin le coquelicot (Papaver rhoeas), le pavot de Californie aide à dormir. Mais moi je l'utilise surtout les soirs où je sais que le sommeil aura du mal à venir, parce qu'il a un effet sédatif que le coquelicot n'aura pas. Mais genre vraiment sédatif. Comme avant une opération et qu'on nous file un calmant qui nous fait baver sur l'oreiller. Le pavot de Californie fait ça, à différents degrés selon le dosage, le temps d'infusion, et la sensibilité à la plante au moment de la prise. Il est intéressant parce qu'il a un effet immédiat (et pas après plusieurs prises, comme beaucoup de plantes).  
Je le prends en infusion* au moment du coucher, une grosse pincée (à 3 doigts), associé avec de la mélisse en général (pour le goût et l'effet relaxant, mais vous pouvez mettre de la lavande, ou de la verveine citronnée, ou du thym), et je verse de l'eau bouillante dessus, je couvre et je laisse infuser 10 grosses minutes. Je bois une fois infusé et moins chaud. Le mélange est amer, du coup j'y rajoute un peu de miel quand c'est prêt à être bu. J'essaye de créer un moment de calme et ne pas le boire à la va-vite.  L'utilisation des plantes, ça va aussi avec un ralentissement, une conscience de ce qu'on prend, et un respect du moment

 Je l'achète en biocoop quand ils en ont, ou en herboristerie. C'est vraiment un très bon outil, à ne pas trop ritualiser, sinon les soirs où on n'en prendra pas on aura peur de ne pas dormir, donc on ne dormira pas, tout ça ... 

N'hésitez pas à commenter si vous connaissez, si vous avez des questions, si vous en prenez aussi, si j'oublie des infos, on n'est pas infaillibles ;)





* infusion : l'extraction des propriétés des feuilles, fleurs, parties fines d'une plante. On verse de l'eau bouillante sur les plantes, on couvre et on laisse infuser 10min (ou plus, selon l'épaisseur de la plante). La décoction est une autre façon d'extraire les propriétés d'une plante, appliquée aux racines, écorces, fruits, tiges et autres parties épaisses d'une plante. Dans ce cas on met les plantes dans l'eau froide qu'on porte à ébullition 10 à 25 min. 

03/12/2018

• Histoire d'herboriste

Comme certain.e.s le savent ici, depuis août j'ai repris mes études pour apprendre le métier d'herboriste. C'est laborieux et ça demande du boulot. Mais j'ai réalisé aujourd'hui que le métier rentrait finalement.
Un ami est venu me demander conseil pour un enfant qui a du mal à trouver le sommeil le soir, et qui fait un peu la misère à sa mère au moment du coucher. Sans réfléchir bien longtemps, j'ai su quelles plantes conseiller, avec en tête que le patient était un enfant de 8 ans et pas un adulte, que le goût devait être agréable pour un enfant, etc...

C'est donc une petite fierté. Et j'ai envie de vous raconter aujourd'hui pourquoi j'ai choisi ce métier, ou du moins cette orientation.

Depuis quelques années, je réalise que tout est faisable soi-même, qu'on peut créer un tas de choses, et prendre en main notre quotidien. Je me suis donc dit que j'allais m'essayer au potager pour faire pousser ma nourriture (ambitieuse la fille). J'ai donc planté et semé et observé et goûté. Et ce qui m'a le plus plu, c'était le coin de plantes médicinales. J'adorais et j'adore l'idée d'avoir au pas de ma porte une petite pharmacie naturelle, des plantes que je peux incorporer dans ma nourriture pour en faire des plats qui prennent soin de moi et de ceux à qui il m'arrive de cuisiner, ou que je prends soin de faire infuser dans ma tisanière, regardant les plantes évoluer dans l'eau et libérer leur couleur et leurs propriétés. J'ai aujourd'hui dans mon jardin de la sauge, de l'hysope, de l'origan, de la lavande, de la consoude, des menthes, de la mélisse, des framboisiers, de la bourrache et j'en oublie surement. C'est un jeu d'enfants, tant qu'on a un petit bout de terre pour faire pousser tout ça.

J'ai donc décidé l'année dernière de chercher une formation pour apprendre à reconnaître et utiliser les plantes, dont les plantes sauvages; parce que c'était bien beau d'avoir mes petites plantes devant la maison, il faut savoir que les plantes sauvages sont plus efficaces d'un point de vue médicinal que les plantes cultivées. Et je trouvais important d'acquérir ce savoir, à une époque où on ne sait pas trop ce que l'avenir nous réserve. Alors à l'attaque, j'ai cherché des formations et suis tombée sous le charme de celle proposée par Cap Santé, dans le Finistère. Le Finistère, l'amour quoi. J'aime ce coin de Bretagne tellement fort, alors j'ai envoyé mon dossier d'inscription.

C'est donc en août que j'ai déboulé à Plounéour-Ménez, toute stressée de rencontrer des inconnus, de commencer cette nouvelle vie qui colle à mes aspirations (c'est intimidant de choisir franchement une voie qui nous plait). J'y ai avec surprise retrouvé une copine, et m'en suis finalement fait encore d'autres. La formation se fait à distance, avec quelques rassemblements, dont celui de la rentrée en août. Un compromis parfait pour l'ermite que je suis, et pour concilier travail et études.
Ça fait donc quelques mois que j'apprends un tas de choses sur l'anatomie humaine, sur la botanique, la chimie et la biochimie, sur l'histoire de l'herboristerie, et sur les propriétés de plantes.

Ce métier d'herboriste, on a tous choisi de l'étudier pour diverses raisons, certains pour pouvoir prendre soin de leur entourage et d'eux-mêmes, d'autres pour pouvoir l'enseigner à leur tour, d'autres pour en faire un métier de soin, d'autres pour compléter des formations, etc... Mais on l'a tous choisi en sachant qu'en France le métier d'herboriste n'est pas légal. Pétain, qui a fait que la nantaise que je suis ne peux pas officiellement s'affirmer bretonne, a également fait que je ne peux pas exercer le métier d'herboriste légalement. Seuls les pharmaciens diplômés peuvent prétendre au titre d'herboriste, après une formation apparemment pas très complète sur les plantes... Absurdité toujours... Mais mon école et d'autres écoles se battent pour le retour du métier. C'est donc un combat contre les lobbys pharma et les grands labos. Malgré ce tableau peu motivant, les promos d'apprentis herboristes se remplissent tous les ans, et ça n'est pas prêt de s'arrêter. L'herboristerie est bien vivante, même si l'Etat ne l'autorise pas. Et c'est beau ! L'exemple de cet ami qui me demandait conseil ce soir en est un exemple vivant.

Alors à vos potions ! Et n'oubliez pas, les plantes sont des outils fabuleux au quotidien, et accessibles ! (et si vous êtes perdus et ne savez pas par où commencer, n'hésitez pas à m'écrire si vous avez des questions, j'y répondrai au mieux).



le curcuma et le thym, ou la tentative de lutte contre un gros gros rhume

02/12/2018

• La musique du rouet

Le rouet qui tourne, sa musique un peu grinçante, la cadence des doigts qui délient les fibres de laine brute au rythme du pied qui impose les tours, et la laine qui se tord et s'engouffre sur la bobine.

Filer la laine va bien au-delà de la fabrication d'un fil. C'est un geste millénaire. C'est s'asseoir, s'installer dans une position confortable, le pied sur la pédale, la laine cardée ou brute à portée de main, et faire tourner cette belle roue avec agilité et douceur.

Filer la laine c'est être reconnaissante pour le mouton qui a fourni sa toison, et sourire en tombant sur des fleurs et feuilles séchées coincées dans les fibres, de l'herbe, du foin et autres cadeaux.
Cet après-midi, après des semaines sans filer, après des semaines à essayer de reprendre mon souffle et retrouver un rythme qui me convient, je prends enfin le temps de m'asseoir sur mon banc, sortir le sac de laine, sentir son odeur, poser le torchon sur les genoux et actionner le rouet. Et je respire.

C'est plus que la fabrication d'un fil. C'est prendre le temps. Et faire.


On oublie au quotidien l'importance de retrouver des gestes simples, de sortir de notre tête et être dans nos corps. On oublie que nos mains sont capables de choses étonnantes, quand on veut bien calmer l'esprit qui s'échauffe au rythme de nos vies un peu trop remplies.

Alors mon rouet, c'est un beau rappel que le temps on peut le prendre.






04/06/2018

• ah l'Ecosse ...

Je passe par là après des mois et des mois sans écrire ni poster quoi que ce soit. Mais avec les beaux jours reviennent la créativité et l'envie de partager les belles choses en stock.
Je suis partie en décembre en Ecosse avec un ami aventurier. Voiture louée avant de partir, une ou deux nuits de logement, le reste, on voyait sur place. Pas d'itinéraire, aucune idée du lieu où on passerait le nouvel an. Juste plein de pistes et d'envies.

Je viens donc écrire ici mes impressions de voyage, et tout mon amour pour cette contrée magnifique.

Ca n'a duré que quelques jours, mais ça a été suffisant pour faire du retour en France un passage bien difficile, et un début d'année avec le moral dans les chaussettes. Vous voyez un peu ;)
L'Ecosse c'est comme rentrer à la maison, c'est douillet, c'est bourru (oui j'aime ce sentiment à la maison), c'est accueillant et réconfortant.
L'Ecosse c'est ses lacs immenses, ses petits ports de pêche tout au bout du monde, où les loutres cohabitent avec de minuscules oiseaux, c'est des pubs où la bière est bonne, mais bonne! et où on trouve la musique live sans la chercher, c'est des plats riches, des frites dans tous les coins, c'est des randonnées qui se terminent dans la boue jusqu'aux chevilles, dans le noir, entourés de belles vaches rousses, parce qu'à 15h30 il fait nuit, et que tu as été trop curieux de passer par dessus ce panneau qui indiquait l'entrée du territoire de ces belles bêtes. C'est les routes les plus sinueuses et sans fin, des paysages de neige, des chateaux en ruine à la nuit tombée (15h donc), des chûtes dans les flaques de boue, c'est la brûme sur la ville au 1er janvier, et les écossais tout pimpants et souriants au petit matin.
C'est familier mais dépaysant. C'est l'aventure qui ne fait pas peur (ça, ça vient aussi sans doute du compagnon de voyage) C'est le genre de voyage qui fait remettre en question les choix de vie au retour. Parce que pourquoi se contenter d'être si heureux que quelques fois dans l'année en voyage? et pourquoi la vie de tout les jours ne pourrait-elle pas être aussi belle?

Alors depuis ce voyage, ça a été l'ascenseur émotionnel. Ca pique, mais c'est toute la beauté du voyage. Ca fait grandir et questionner, ça montre un bonheur différent et peut-être plus intense, ça fait de nous la personnes qu'on tend à être. Alors merci l'Ecosse pour la grosse baffe, je reviendrai, et cette fois plus longtemps. Et cette fois j'irai voir le pont de Harry Potter :D




27/10/2017

• Ode à l'amour et à l'acceptation de soi et des autres, oui rien que ça

Cet article est le fruit d'un instant de tolérance envers moi-même, et d'amour pour les gens qui ont ce même fonctionnement. Certain-e-s se reconnaîtront surement dans ce que je dis.

Depuis toujours on me répète que je suis trop gentille, ou même naïve, candide… Cruchasse quoi. Ce petit article n’est pas un coup de gueule contre vous, bande de petits cons filous. Je vais essayer d’expliquer pourquoi ce fonctionnement est le mien, et pourquoi il me convient.

08/05/2017

• La magie de la teinture naturelle du tissu et de la laine

Depuis quelques années je m’intéresse à la teinture par les plantes : le fait d’utiliser les plantes pour leurs colorants, afin de teindre un vêtement, un morceau de tissu, de la laine… j'ai pu rencontrer des personne qui en ont fait leur métier, animant des ateliers et transmettant leur belle passion (on m'a conseillé un ouvrage apparemment de référence que je me suis procuré : "Guide des teintures naturelles, plantes à fleurs", de Dominique Cardon*) Je concevais ça depuis quelques années comme un lien de plus que je pourrai nouer avec la nature, portant ses couleurs sur moi. Puis j’ai récemment lu dans un superbe magazine « Plants are magic »*, que teindre par les plantes pouvait aller au-delà de ça. Et aujourd'hui je me suis lancée.



première expérimentation : la teinture de laine de mouton, au curcuma

D’un point de vue concret, teindre avec une plante c’est apporter de la matière de la plante dans l’étoffe voulue. On y transfert donc une partie de ses propriétés. Ce beau magazine parle de cultures dans lesquelles les vêtements sont teints avec des plantes choisies selon leurs propriétés. La couleur est un bonus. Un vêtement peut alors avoir des vertus médicinales. L’auteur parle de l’utilisation du curcuma (turmeric) pour ses propriétés anti-inflammatoires, des feuilles de thé ou de la peau de grenade pour leurs qualités antibactériennes, etc… quelle bonne idée que de choisir ses plantes tinctoriales en fonctions de leurs propriétés ! On peut aussi imaginer teindre avec de la camomille pour apaiser, ou de l’achillée millefeuille pour l’équilibre hormonal, du millepertuis pour les coups de blues, etc…

Et si on osait voir un peu plus loin en imaginant que les belles intentions du teinturier se retrouvaient dans l’objet teint ? Toute la patience, la douceur et l’amour qu’il/elle a mis à l’ouvrage se retrouveraient dans le vêtement porté. Et puis la plante est quelque chose de vivant aussi, cette énergie vitale se retrouve-t-elle peut-être aussi dans ce qu’on travaille ?

Teindre par les plantes peut apporter tellement. J’en suis à mon premier jour de mise en pratique et je perçois déjà une infinité de possibilités. 


le résultat, un beau jaune qui peut virer au orangé selon le temps de macération ;)
et qui, j'ai constaté, devient jaune vif quand rincé à l'eau vinaigrée



* Référence bibliographiques

Guide des teintures naturelles, plantes à fleurs. Marie Marquet, Belin, 2011

Plants are magic, vol.1, Well being, Rebecca Desnos, 2017